19/12/2012

Indian Translation #1




Prendre ses marques
Me voilà donc en Inde depuis quelques jours. J'y suis ? Et oui ! Et tout ce qui m'entoure me le rappelle : le chant des klaxons, les odeurs, tantôt agréables, tantôt moins, les couleurs évidemment, et cela ne vous étonnera pas, l'apparente anarchie de l'organisation générale. Pas d'autre choix ici que de prendre le rythme et de s'adapter : se faire l'ombre d'un piéton pour traverser sans encombre une route de la capitale, presser le pas dans les files d'attente pour ne pas se faire doubler, sur les routes, serrer à gauche ou à droite, mais dans tous cas : SERRER !
Je me fais tour à tour femme invisible ou centre d'attention principal, je slalome dans une Inde immense et contrastée.

Bienvenue dans l'aventure !


Revenons donc au commencement...
Parce que, je dois quand même vous dire, que j'ai bien failli ne pas partir ! 11H26, mardi 11 décembre, la Lufthansa me laisse un message « Madame, nous sommes désolés, mais votre vol Marseille/Munich est annulé. Merci de contacter votre agence de voyage ». Par chance, ou pas, comme il n'y a pas de réseau à Mayne, je n'aurais pas le message à temps. Me voilà donc partie, en direction de Marignane. Et de nouveau : « Madame Praud ?  Oui, c'est moi. Où êtes-vous en ce moment ? Je m'apprête à prendre mon train pour l'aéroport. Pourquoi ? Vous n'avez pas eu notre message ? Votre vol a été annulé. Vous plaisantez !?... ».
Après cette petite introduction, voici un résumé de l'épisode : des intempéries perturbaient le trafic aérien bavarois depuis une semaine. De nombreux vols avaient déjà été retardés, d'autres tout simplement annulés, et, c'est ce qui m'est arrivé ce mardi 11 décembre. Par chance, l'avion précédent n'avait pas été annulé, mieux, son retard de trois heures a fait de moi une voyageuse sur le départ heureuse, car je quittais la France deux heures plutôt que prévu, pour ainsi profiter d'une attente un peu plus « exotique », face au tarmac enneigé de l'aéroport de Munich. Et voilà, fin de l'histoire d'un départ !


L'Inde vue du train

(Sur)Vivre à Delhi
Après avoir passé deux jours à Delhi, j'ai bougé ! C'est inévitable je suppose, car cette capitale, probablement plus qu'une autre, vous absorbe, vous déstabilise et vous bouscule. Je dois dire que je m'en suis très bien sortie, pas de problème, une compréhension rapide des règles/non règles à l’œuvre, une bonne préparation pour être vive face à ce que l'on nomme dans les guides ou les forums : les arnaques. Pour tout vous dire, elles sont vraiment rares. De mon côté, le fait que l'on essaie de me faire payer plus les choses de la vie courante, comme une course en rickshaw par exemple, ne me choque pas, bien que, pour le coup, il faut savoir négocier, connaître les vrais prix et avoir un sacré aplomb pour obtenir un prix juste !

Caleçon rouge sur ciel bleu à Majnu Ka Tila

Quitter Delhi donc, où j'ai logé au sein de la colonie Tibétaine Majnu Ta Kila, pour sa tranquillité. Quitter Delhi bien sûr, mais s'organiser pour cela. Se rendre à la New Delhi Railway Station, trouver dans cet espace labyrinthique le bureau des touristes, et faire la queue. Pas de ticket avec un numéro ici, tu t'assois au bout de la queue (si tu le trouve), et tu te décales à chaque fois que quelqu'un part. C'est vraiment drôle. J'avais à mes côtés un couple d'allemands très sympathiques, on s'est bien amusé, et en fin de compte, après ce jeu des chaises musicales, tu finis par repartir satisfaite, avec ton billet de train pour le lendemain.
Cette première expérience de train était so « Indian Style » ! J'ai partagé mon wagon avec une famille très élargie : enfants, mamans, cousin(e)s, grand-mère, oncle et tante. Je vous l'accorde, ils n'étaient pas tous présents au même moment dans le wagon, quoi que ?! C'était chouette, j'ai eu un bel échange avec la plus grande des filles, elle devait avoir dans les douze ans. Mature et ouverte, elle veut devenir médecin. Elle trouve que sa maman est un peu stricte, cette dernière semble être plus jeune que moi. Plusieurs rencontres me le confirment, les femmes sont bien souvent maman très jeunes.
Les trois heures de train ont filé comme le vent, et sans doute plus vite que le train lui même. J'ai évidemment été invité à partager le repas avec toute la famille. Délicieux !
Bienvenue en Inde !


Shivani / Shyamakanti - Jolie indienne dansante (pour toi Sophie !)





Le jeune conducteur de rickshaw


Être prête ou pas ?
Namaste / Hare Krishna ?
Rickshaw / Auto-rickshaw ?
Jean / Sari ?
J'aime / J'aime pas ?
Partir / Rester ?
Tchaï / Nothing ?
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Sur les rives de la Yamouna à Vrindavan



Se poser 

Bon, c'est officiel : j'y suis ! Je me sens bien, des moments de plénitudes m'envahissent, je suis bien entourée. Je finis les journées fatiguées et parfois dans le doute. Et puis, une bonne nuit de sommeil et c'est reparti ! J'ai décidé de me poser un temps à Vrindavan, sur l'invitation de l'amie d'une amie : elle se nomme Isabelle ou bien Mangala-Vati...


Isabelle / Mangala-Vati en pleine négociation de rickshaw
Il paraît que l'on ne vient pas par hasard à Vrindavan. Je veux bien le croire... Il règne ici une ambiance toute particulière. Tout tourne autour de la vie spirituelle des habitants et des pèlerins de passage. Il est dit que Krishna a vécu à Vrindavan lorsqu'il était enfant. Vrindavan est l'équivalent de la Mecque pour les dévots de Krishna. Je vous laisse imaginer...


La rivière Yamouna longe la ville de Vrindavan





Pour ma part, c'est adulte que je me retrouve ici, et bien curieuse d'observer cette ferveur religieuse si singulière. C'est quand même assez étrange pour moi, car je ne dois pas me tromper de beaucoup en disant que sur des milliers de personnes ici, je suis la seule non-initiée à Krishna. Anyway, c'est tellement improbable que je me fonds dans la masse, et puis, j'observe, je respecte, je découvre.






Avec Mataji, dans l'ashram où je réside

J'ai décidé de rester une dizaine de jours à Vrindavan, avec l'intention de passer du temps avec celles que l'on nomme les Matajis - Chères Mères - car, qu'elles le soient ou non maintenant, chaque femme, ici, le serra un jour, Mère.

Les choses ne se passent jamais comme prévu à Vrindavan. Et ça a commencé dès le départ pour moi, car je n'ai finalement pas eu de place dans l'ashram qu'Isabelle m'avait réservé. BONNE CHOSE, car finalement, nous partageons sa chambre, et même si c'est effectivement très sommaire, la vie de l'ashram le vaut bien. Il y a donc cette mataji là, une mère pour moi, et qui le veut bien je suppose, il y a aussi Arabindoshasdri, l'assistant prédicateur du prête (il est drôle!), le prête et le plus jeune assistant. Il y a donc de la vie, des rires, des offrandes et des repas offerts à volonté. Oui, c'est incroyable : j'évite de me faire de vrais repas ici, car il y a toujours quelqu'un pour t'offrir à manger, et c'est impossible de refuser ! Dania Vat !



De l'Inde en veux-tu en voilà !


Homme, Auto-rickshaws et mur en brique


Rickshaw, femme et chauffeur


Cérémonie de la Yamouna
























Chez Mataji : son autel dédié à Krishna


RADHEY RADHEY


Isabelle / Mangala-Vati le sourire en l'air


L'un des 5000 temples de Vindravan



Pour s'assoir dans le temple : les tapis


La boite à donations


Ne pas déroger et laisser ses chaussures à l'extérieur



Instant de vie dans un temple



Prendre la mesure

Vous savez quoi, je suis extrêmement chanceuse. A peine arrivée, j'ai eu accès à un ensemble de ressources, savoirs, récits, qui d'emblée m'ont permis de pouvoir comprendre ce que je vois. Restons modeste tout de même, car au regard du volume d'informations qu'on me transmet, et sachant que parfois c'est en anglais, comme on dit par chez moi, « ça rentre par une oreille et ça sort par l'autre » ! Je ne vais donc pas devenir du jour au lendemain une spécialiste de la foi religieuse hindouiste, cependant, cette initiation profane me permet tout au moins de rentrer de manière très privilégiée en contact avec l'Inde.
 
 
HARE KRISHNA !




Une guirlande d'anniversaire et un mur bleu = Joyeux anniversaire YANN !!!


Et pour finir...des matajis !


Matajis à Radakul



Belle journée par chez vous !