21/06/2012

Prendre la route

où le récit semi-fictionnel d’un partir ailleurs
 
Un jour, comme ça, j’ai décidé que je devais partir, que c’était le moment. Presque du jour au lendemain, j’ai quitté amoureuse, maison et travail. J’avais conscience que mes amis allaient me manquer, mais bon après tout, où que je sois, ils resteront mes amis. Je ne savais pas vraiment ni ce que je cherchais ni ce que je trouverais. Je me souviens qu’il était important pour moi que ce départ vers un ailleurs encore inconnu ne puisse en aucun cas ressembler de près ou de loin à une fuite ; et cette fois-ci, j’en étais sûr, ça n’en était pas une.

Je ne saurais pas vraiment expliquer pourquoi, mais ce jour là, alors même que la minute précédente, aucun changement radical d’aucune sorte n’était d’actualité, ne serait-ce que dans mes pensées, pourquoi la minute suivante l’évidence s’imposait à moi : j’allais tout quitter et partir.
C’est vrai que c’était quand même étrange d’expliquer avec cet enthousiasme insouciant que j’avais pris cette décision, comme ça, subitement !

Je me souviens des premières réactions des copains : ils étaient surpris bien sûr, mais je crois aussi, confiants et envieux d’une certaine manière. D’autres ont surement imaginé que c’était une lubie passagère, une de mes nouvelles extravagances !
J’ai aimé comme certains ont tout de suite compris que c’était sérieux, compris bien avant moi que cette décision qui semblait sortir de nulle part était en fait le résultat d’un chemine- ment, de réflexions et de choix dont les premières manifestations se situaient trois années auparavant...



 J’ai aimé vous observer durant mes déplacements. Vous étiez songeurs, curieux, parfois inquiets. Je m’amusais à imaginer les raisons de votre présence à mes côtés. Pour certains, vous partiez en vacances, pour d’autres, c’était vers le pénible labeur du travail quotidien que vous vous dirigiez, les plus chanceux allaient retrouver l’être aimé, les plus tristes avaient pris la fuite...
Vous m’observiez peut-être aussi ?




C’est vraiment étonnant la façon dont le temps s’étire comme jamais lorsque l’on part vers l’inconnu. J’aime cette sensation, j’ai d’ailleurs appris récemment qu’il y avait une réponse scientifique pour l’expliquer...
La ressentez-vous aussi ?




Je suis arrivé hier et je me sens bien. Je ne sais toujours pas ce que je cherche, mais je perçois étrangement que c’est ici que je pourrais le trouver... Je vais donc poser mes valises un temps, dans cet ailleurs singulier poétique, utopique et riche en complexités...