Quelques images de la dernière séance photo avec Sarah.
06/11/2011
03/11/2011
Un pOssible à Mayne #2
Voilà maintenant 6 semaines que je suis arrivée, pourtant, j’ai l’impression d’être ici depuis des mois. Vous me comprendrez aisément : vivre, travailler, faire la fête et partager le quotidien avec les mêmes personnes, ça intensifie les perceptions, ça développe les relations. On est toujours nombreux à Mayne : certains sont partis tandis que d’autres arrivent. Les repas sont toujours aussi goûtus et copieux. On cuisine et mange désormais à l’intérieur, les chaussettes sont entrées dans les tongs, et on envisage d’allumer le poêle à bois. Pour ce retour sur ces dernières semaines, je vous propose une newsletter à la sauce du moment : micro-bilan, utopies, projets, «coup de cœur artistique», escapades et pas de côté.
Micro-bilan
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| La préparation du petit déjeuner : le café à la louche ! |
Dans la première newsletter, je vous ai un peu expliqué la vie à Mayne
: les tâches qui incombent à tous (cuisine, ménage, animaux), le chantier et
mes premières prises de repères culturels. Six semaines plus tard, les règles
quotidiennes sont toujours les mêmes : je me réjouis de mon abonnement à la
médiathèque de Cavaillon, j’adore mon libraire de l’Isle sur la Sorgue et
j’exulte à chacun des spectacles de la scène nationale. Pour autant, même si
rien n’a changé, tout a changé : je trouve petit à petit ma place à Mayne et
dans le projet associatif de La Croisée des Regards, je me nourris presque
quotidiennement de lectures ou de rencontres qui éclairent le chemin de
traverse que je m’apprête à prendre, je commence à percevoir les moyens d’actions
qui me conviendraient pour atteindre cet état d’être et de faire en résistance,
bref, ça fuse, ça bouscule, ça empêche de dormir mais qu’est-ce que c’est bon !
Explications
Pour rappel, il y a quelques mois, sur la route du retour des vacances
à la montage, en gros, entre Cauterets et Nantes, je me suis dit : « J’aimerais
bien me rapprocher de la montagne, tiens, mais si j’allais m’installer à
Toulouse ! ». Aussi subitement que ça, j’ai donc décidé de quitter Nantes.
D’aucun m’ont demandé si j’avais trouvé un job là-bas, quand les autres
m’interrogeaient sur l’éventualité d’un amoureux toulousain ; il n’en était
rien. Je décidais de quitter ma ville, mes amis, ma famille, mes assos, mon
chat, mes réseaux, bref tous mes repères, pour rien ; enfin j’aime à penser que
c’était plutôt pour une infinité de possibles.
Histoire de donner corps à ce projet, je suis allée en juin prendre la
température à Toulouse. J’ai été hébergée durant quatre jours par Teddy, un
couchsurfeur en or, j’y ai croisé Djuls et Bérénice (des amies d’amis), j’ai
arpenté la ville, adoré le quartier Saint-Cyprien, j’y avais même trouvé un labo photo !
Retour à Nantes concluant, le projet de départ était validé, j’irai m’installer à Toulouse courant septembre.
Et puis il y a eu l’été...
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| On a trouvé ces chauves-souris toutes effrayées, je sentais les battements de leur cœur dans le creux de mes mains. |
J’avais envie de faire quelque chose de différent l’été dernier : pas
envie de vacances consuméristes bien sûr, et l’exotisme de la découverte d’un
pays étranger ne me branchait finalement pas plus que ça. J’en concluais que ce
qu’il me fallait, c’était des vacances actives en France. Encore une fois,
c’est une rencontre qui m’a fourni la réponse. Emilie, une jeune couchsurfeuse
québécoise que nous avons accueillie dans notre colocation, m’a parlé des
chantiers de restauration de patrimoine (elle en revenait) ; c’est donc comme
cela que je me suis retrouvée à travailler sur la Chapelle Saint-Christophe à
Lafare, dans le Vaucluse, durant deux semaines cet été.
Comme une rencontre n’arrive jamais seule, c’est aussi par ce biais
que je me suis retrouvée à reporter le projet toulousain pour faire un pas de
côté à Saumane de Vaucluse.
Un soir du début du mois d’août, alors que je rentrais d’une visite
théâtralisée du pittoresque village du Bosset, en traversant le terrain de boules
du village, je me suis faite interpellée par des pharisiens (> habitants de
Lafare) évidemment bien sympathiques. Kristel et Barka connaissaient bien le
domaine de Mayne pour y avoir vécues, Barka étant la présidente actuelle de la
Croisée des Regards. Elles m’ont parlé du projet, de sa situation actuelle, des
perspectives d’évolution. Bref, cette discussion m’avait donné envie ne
serait-ce que d’aller voir ce lieu atypique. J’ai donc décidé de décaler mon
retour sur Nantes pour avoir le temps d’aller fouler de mes pieds le domaine de
Mayne Les Icards. Accompagnée de Titouan avec qui j’avais fait le chantier à Lafare,
j’ai donc passé quelques heures à discuter avec Alain (le fondateur et ancien
directeur de l’association), tout en découvrant les charmes de ce lieu, tout en
essayant de percevoir l’ambiance si singulière qui semblait y régner. Après
avoir décliné une invitation à déjeuner avec toute
l’équipée (la sncf ne m’attendrait pas), je suis repartie avec des papillons dans le ventre, charmée par plein de je ne sais quoi.
l’équipée (la sncf ne m’attendrait pas), je suis repartie avec des papillons dans le ventre, charmée par plein de je ne sais quoi.
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| Guido et Charlotte : le ptit déj du dimanche ! |
De retour à Nantes, après y avoir réfléchi au moins deux bons jours,
je proposais à l’association un volontariat de chargée de développement d’une
durée de trois mois. Quelques semaines après, l’association acceptait, ne
sachant pas très bien comment recevoir ma proposition, mais elle l’acceptait
quand même.
Voilà maintenant 6 semaines que je suis arrivée, pourtant, j’ai
l’impression d’être ici depuis des mois, et ce qui est sûr, c’est que des mois
vont s’écouler puisque j’ai décidé de rester ici jusqu’à l’été !
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| Barka et Charlotte dans la cuisine d’été. |
Oser dire non, oser dire
oui, oser les débats d’idées, oser se mettre à nu, oser perdre la face, oser
partager, oser perdre pied, oser penser autrement, oser crier son dégoût, oser
se confronter, oser faire un pas de côté, oser accueillir, oser s’étourdir,
oser refuser, oser se protéger, oser s’affirmer, oser se taire, oser partir,
oser se décentrer, oser coopérer, oser croire, oser rêver, oser résister !
Les sentiers de l’utopie
ou comment la lecture d’un livre peut bouleverser votre vie.
Il y a quelques semaines, en allant acheter le deuxième numéro de la
revue photographique 6 mois (que je vous conseille vivement), mon regard s’est
fait happer par la tranche d’un livre pourtant bien engoncé entre ses pairs. On
pouvait y lire très distinctement le mot UTOPIE, de couleur orange sur papier
recyclé. A peine le livre entre mes mains, aussitôt la quatrième de couverture
dévorée, il est devenu mien, et je voudrais qu’il soit vôtre. Les sentiers de
l’utopie, c’est le récit de deux militants (artistes et chercheurs en sciences
humaines) qui décident de parcourir l’Europe durant un an, à la rencontre
d’initiatives post-capitalistes, des collectifs qui ont pour point commun de
vivre, produire, manger, apprendre, travailler, aimer, et décider autrement. Le
récit s’appuie sur les rencontres avec les personnes portant et défendant ces
projets, ainsi que sur des éléments historiques et théoriques qui mettent en perspectives l’expérience. L’auteur a une telle capacité à nous embarquer sur
ces sentiers que l’on ne peut que se sentir privilégié de découvrir ces lieux, de
rencontrer ces personnes, de rêver avec eux que d’autres voies sont possibles.
Vous serez ébahis devant les comportements et la manière de penser d’enfants scolarisés
dans une école anarchiste (Paideia), vous aurez envie de découvrir Can Masdeu
la prochaine fois que vous retournerez à Barcelone, vous vous imaginerez tout
plaquer pour devenir paysans (Landmatters, Cravirola, Longo maï) et puis
surtout vous serez plus chamboulé que jamais parce que la lecture de ce livre
vous donnera matière à réflexion et à actions, vous donnera foi en un avenir
qui sera émancipé, collectif, militant et sobre, ou bien ne sera pas. Mes amis
les plus proches rigoleront bien fort à la lecture de ce paragraphe dont j’ai
conscience (soyez rassurés) qu’il pourrait gagner le concours de mes grandes
envolées lyriques proutiennes ; et j’ai envie de vous dire, tant mieux !
Les sentiers de l’utopie, un livre-film d’Isabelle Fremeaux et John
Jordan. Chez ZONES, un label des éditions La découverte.
Les escapades
Marseille, les Cévènnes, le Mont Ventoux
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| L’ami Damien, mon ancien coloc, devant la Yourte à Lolo. |
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| Le Mont Ventoux |
Revenir de loin
Il y a quelques temps, j’avais un CDI, j’étais l’heureuse propriétaire
d’un appartement et j’étais amoureuse. J’avais en quelque sorte presque tout
pour être heureuse. Pourtant, étrangement, ce sont moins la sérénité et le bonheur
qui m’ont chatouillé l’âme que de solides angoisses. J’avais, je possédais,
j’accomplissais, comme d’habitude avec beaucoup d’énergies, la croyance de bien
faire, l’illusion d’être libre et émancipée. Je consommais les fringues comme
les spectacles, une boulimie effrénée visant à combler cette perte de sens
qu’engendre la société capitaliste individualiste.
Entre avoir et être j’affirme aujourd’hui vouloir être. Cette prise de
conscience est le fruit d’un processus qui s’est étalé sur trois ans : de la
reprise de mes études à cette quête du faire et être autrement ; plus en avant,
c’est bien évidemment des rencontres et des débats d’idées.
Pendant ces trois ans, j’ai ressenti le besoin de prendre du recul
avec mon milieu professionnel, j’ai évité l’engagement, je me suis investi dans
différentes associations, j’ai commencé à manger moins de viande, j’étais une
heureuse amapienne, j’ai revendu mon appartement, je me suis remise en
colocation et puis surtout par voie de conséquences mon réseau social a mué,
mon rapport à l’autre évolué et j’ai fait de superbes rencontres.
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| Croquer la pomme -) |
Je suis libre de mes choix personnels et de mes propositions à
l’association. Il s’agit donc désormais de passer à l’action :
professionnellement et personnellement.
Je/nous sommes habitués aux cadres, aux missions voir même aux obligations. Lorsque tout devient possible, c’est de la liberté que naissent les vertiges.
To be continued...
Un pOssible à Mayne #1
Voilà maintenant plus d’une semaine que j’ai quitté Nantes. Avant de pouvoir vous donner des nouvelles, il m’a fallu prendre mes marques, trouver des repères, me sentir à mon aise, pour enfin espérer trouver ici ce que je suis venue chercher. Lors d’un pique nique frugal et arrosé sur les bords de l’Erdre, il m’a été fait la proposition de vous donner des nouvelles sous forme de newsletter. Je m’empare donc de cette forme, qui sied à mon envie de vous faire partager cette expérience, aussi bien au travers des écrits que des images. On commencera en douceur avec le récit du voyage pour enfin se poser en douceur au Domaine de Mayne Les Icards ou Mayne comme on dit par ici ! Bonne lecture.
Partir
Après avoir laissé Fophie entre de bonnes mains (à priori), j’ai pris sereinement la route le jeudi 8 septembre à 7h15. Je suis passée par les nationales (histoire de voir du pays), prenant mon temps ou presque : une pause café/croissant dans la matinée, un sandwich en déambulant dans les rues de Aubenas (aucun intérêt). C’est lorsque j’ai commencé à me rapprocher de l’Auvergne que le dépaysement s’est fait sentir, pour moi, comme pour Dorothée (mon fidèle destrier). Lorsque je me réjouissais de découvrir les paysages des volcans d’Auvergne, Dorothée se plaignait de toutes ces côtes, manifestant son mécontentement en ralentissant, ralentissant, ralentissant... Elle comme moi, n’avons pas particulièrement apprécié la traversée de Clermont-Ferrand, un peu brutale, un peu violente, après notre périple à travers la France rurale. Une fois franchie cette ville, une quatre voies, moins typique mais plus franche m’a tout droit amené jusqu’à ma ville étape : Le Puy en Velay.
Je ne suis pas allée chercher l’eau au puy, je n’ai pas mangé de lentilles et je n’ai pas quitté la ville sans mon fidèle destrier direction Compostelle, pour autant, me perdre rapidement dans la ville, arpenter ses pavés, et observer sa haute statut, a été très agréable. Je me suis d’ailleurs dis que j’y reviendrai (pourquoi pas pour commencer le chemin). A l’heure de l’apéro, je me suis rendue chez Sandra et Amélie, deux jeunes filles O combien sympathiques, qui m’ont accueilli dans leur chaleureuse maison, où m’attendait un lit douillet pour la nuit. Une bouteille de Bordeaux et un repas bio et végétarien plus loin (ça s’annonçait bien !), je me suis endormie sereine, prêt à en découdre avec le reste de mon voyage.
ProfiterJ’ai quitté Le Puy le lendemain matin, toute impatiente de fouler de mes roues et de mes pas le département de l’Ardèche. Sur les conseils avisés de mes couch-surfeuses, je me suis arrêtée à Balazuc (site classé « Plus beaux villages de France » et pour cause !) On y trouve le village coopératif du Viel Audon : un chantier participatif qui existe depuis près de 30 ans, sur lequel des milliers de jeunes volontaires internationaux se sont impliqués. Je n’ai malheureusement pas eu le temps de visiter le village (là encore, j’y reviendrai !). Il paraît que durant la saison estivale, l’Ardèche se transforme en autoroute pour les passionnés de canoë kayak ; pas grave, je reviendrai au printemps !
Après avoir traversé les monts d’Ardèche, c’est bientôt dans ses gorges que je me suis engouffrée. Ce fût non sans peur du vide (purée les sensations de vertiges au volant !) et sans angoisse de la panne, car je n’avais plus d’essence ! Tant bien que mal, une fois le réservoir plein, Dorothée et moi avons continué notre route (pas la partie la plus agréable) pour enfin arriver à Mayne en fin d’après-midi.
Faire connaissance
Si le domaine de Mayne Les Icards et le prétexte à cette aventure humaine qu’ai le chantier, c’est la pierre, c’est surtout la diversité de la faune qui interpelle ici : il y a les chiens (Prune et Tica), les 5 chevaux, les 2 chats, les nombreuses poules et surtout l’équipe et les volontaires -)
Si le domaine de Mayne Les Icards et le prétexte à cette aventure humaine qu’ai le chantier, c’est la pierre, c’est surtout la diversité de la faune qui interpelle ici : il y a les chiens (Prune et Tica), les 5 chevaux, les 2 chats, les nombreuses poules et surtout l’équipe et les volontaires -)
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| Ici, dans la cuisine d’été, Annabella, une volontaire finoise et Yoann, l’éducateur toulousain, nous préparent le diner. |
Prendre le rythme
La vie est douce à Mayne. On petit déjeune entre 7h30 et 8h00, pour prendre le chemin du chantier vers 8h30. La cloche du déjeuner sonne vers 13 heures, celle du diner vers 20 heures. Chaque jour, une personne différente a en charge les animaux et la cuisine. Quand tu es de cuisine, eh beh, tu prépares tous les repas de la journée, avec talent et créativité, (et souvent les restes de la veille), et puis tu fais un brin de ménage dans la maison. Quant aux animaux, il s’agit d’emmener paître les 5 chevaux là où nourriture ils trouveront et de nettoyer leur enclos. Reste alors à nourrir les poules et les chiens, pour les premières, c’est le compost et les seconds les restes du jour.
La vie est douce à Mayne. On petit déjeune entre 7h30 et 8h00, pour prendre le chemin du chantier vers 8h30. La cloche du déjeuner sonne vers 13 heures, celle du diner vers 20 heures. Chaque jour, une personne différente a en charge les animaux et la cuisine. Quand tu es de cuisine, eh beh, tu prépares tous les repas de la journée, avec talent et créativité, (et souvent les restes de la veille), et puis tu fais un brin de ménage dans la maison. Quant aux animaux, il s’agit d’emmener paître les 5 chevaux là où nourriture ils trouveront et de nettoyer leur enclos. Reste alors à nourrir les poules et les chiens, pour les premières, c’est le compost et les seconds les restes du jour.
Au chantier cette semaine, j’ai fait et re-fait du mortier à la chaux, enlever du lierre qui court sur la maison, et travaillé sur la construction d’une éco-cabane (c’était drôle de fabriquer la boue en la foulant comme on fait avec le vin lors des vendanges !). Bon sinon, j’ai des ampoules, des éraflures et une grosse bosse sur la tête ! Les week-ends sont free comme on dit ! Samedi dernier, je suis retournée dans le merveilleux village du Beaucet que j’avais découvert cet été lors d’une visite théâtralisée. Cette fois-ci, il y avait un concert de jazz manouche. Aujourd’hui, je suis allée à Cavaillon pour constater avec plaisir que la médiathèque regorge de livres et DVD attrayant. J’en suis revenue avec les plaquettes de la scène nationale et d’autres lieux prometteurs. Vous constaterez que je retrouve mes repères !
Demain, je retourne à Lafare, le petit village où j’ai vécu deux semaines cet été. Je déjeune chez Barka et Kristel (les «responsables» de ma venue à Mayne).
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| Julia et sa fille Charlotte (des charmantes berlinoises), près des chevaux et du poulailler, au crépuscule. |
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