03/11/2011

Un pOssible à Mayne #1

Voilà maintenant plus d’une semaine que j’ai quitté Nantes. Avant de pouvoir vous donner des nouvelles, il m’a fallu prendre mes marques, trouver des repères, me sentir à mon aise, pour enfin espérer trouver ici ce que je suis venue chercher. Lors d’un pique nique frugal et arrosé sur les bords de l’Erdre, il m’a été fait la proposition de vous donner des nouvelles sous forme de newsletter. Je m’empare donc de cette forme, qui sied à mon envie de vous faire partager cette expérience, aussi bien au travers des écrits que des images. On commencera en douceur avec le récit du voyage pour enfin se poser en douceur au Domaine de Mayne Les Icards ou Mayne comme on dit par ici ! Bonne lecture. 

Partir
Après avoir laissé Fophie entre de bonnes mains (à priori), j’ai pris sereinement la route le jeudi 8 septembre à 7h15. Je suis passée par les nationales (histoire de voir du pays), prenant mon temps ou presque : une pause café/croissant dans la matinée, un sandwich en déambulant dans les rues de Aubenas (aucun intérêt). C’est lorsque j’ai commencé à me rapprocher de l’Auvergne que le dépaysement s’est fait sentir, pour moi, comme pour Dorothée (mon fidèle destrier). Lorsque je me réjouissais de découvrir les paysages des volcans d’Auvergne, Dorothée se plaignait de toutes ces côtes, manifestant son mécontentement en ralentissant, ralentissant, ralentissant... Elle comme moi, n’avons pas particulièrement apprécié la traversée de Clermont-Ferrand, un peu brutale, un peu violente, après notre périple à travers la France rurale. Une fois franchie cette ville, une quatre voies, moins typique mais plus franche m’a tout droit amené jusqu’à ma ville étape : Le Puy en Velay.

Je ne suis pas allée chercher l’eau au puy, je n’ai pas mangé de lentilles et je n’ai pas quitté la ville sans mon fidèle destrier direction Compostelle, pour autant, me perdre rapidement dans la ville, arpenter ses pavés, et observer sa haute statut, a été très agréable. Je me suis d’ailleurs dis que j’y reviendrai (pourquoi pas pour commencer le chemin). A l’heure de l’apéro, je me suis rendue chez Sandra et Amélie, deux jeunes filles O combien sympathiques, qui m’ont accueilli dans leur chaleureuse maison, où m’attendait un lit douillet pour la nuit. Une bouteille de Bordeaux et un repas bio et végétarien plus loin (ça s’annonçait bien !), je me suis endormie sereine, prêt à en découdre avec le reste de mon voyage.

Profiter
J’ai quitté Le Puy le lendemain matin, toute impatiente de fouler de mes roues et de mes pas le département de l’Ardèche. Sur les conseils avisés de mes couch-surfeuses, je me suis arrêtée à Balazuc (site classé « Plus beaux villages de France » et pour cause !) On y trouve le village coopératif du Viel Audon : un chantier participatif qui existe depuis près de 30 ans, sur lequel des milliers de jeunes volontaires internationaux se sont impliqués. Je n’ai malheureusement pas eu le temps de visiter le village (là encore, j’y reviendrai !). Il paraît que durant la saison estivale, l’Ardèche se transforme en autoroute pour les passionnés de canoë kayak ; pas grave, je reviendrai au printemps !

Après avoir traversé les monts d’Ardèche, c’est bientôt dans ses gorges que je me suis engouffrée. Ce fût non sans peur du vide (purée les sensations de vertiges au volant !) et sans angoisse de la panne, car je n’avais plus d’essence ! Tant bien que mal, une fois le réservoir plein, Dorothée et moi avons continué notre route (pas la partie la plus agréable) pour enfin arriver à Mayne en fin d’après-midi.

Faire connaissance
Si le domaine de Mayne Les Icards et le prétexte à cette aventure humaine qu’ai le chantier, c’est la pierre, c’est surtout la diversité de la faune qui interpelle ici : il y a les chiens (Prune et Tica), les 5 chevaux, les 2 chats, les nombreuses poules et surtout l’équipe et les volontaires -)

Ici, dans la cuisine d’été, Annabella, une volontaire finoise et Yoann, l’éducateur toulousain, nous préparent le diner.
Prendre le rythme
La vie est douce à Mayne. On petit déjeune entre 7h30 et 8h00, pour prendre le chemin du chantier vers 8h30. La cloche du déjeuner sonne vers 13 heures, celle du diner vers 20 heures. Chaque jour, une personne différente a en charge les animaux et la cuisine. Quand tu es de cuisine, eh beh, tu prépares tous les repas de la journée, avec talent et créativité, (et souvent les restes de la veille), et puis tu fais un brin de ménage dans la maison. Quant aux animaux, il s’agit d’emmener paître les 5 chevaux là où nourriture ils trouveront et de nettoyer leur enclos. Reste alors à nourrir les poules et les chiens, pour les premières, c’est le compost et les seconds les restes du jour.

Au chantier cette semaine, j’ai fait et re-fait du mortier à la chaux, enlever du lierre qui court sur la maison, et travaillé sur la construction d’une éco-cabane (c’était drôle de fabriquer la boue en la foulant comme on fait avec le vin lors des vendanges !). Bon sinon, j’ai des ampoules, des éraflures et une grosse bosse sur la tête ! Les week-ends sont free comme on dit ! Samedi dernier, je suis retournée dans le merveilleux village du Beaucet que j’avais découvert cet été lors d’une visite théâtralisée. Cette fois-ci, il y avait un concert de jazz manouche. Aujourd’hui, je suis allée à Cavaillon pour constater avec plaisir que la médiathèque regorge de livres et DVD attrayant. J’en suis revenue avec les plaquettes de la scène nationale et d’autres lieux prometteurs. Vous  constaterez que je retrouve mes repères !

Demain, je retourne à Lafare, le petit village où j’ai vécu deux semaines cet été. Je déjeune chez Barka et Kristel (les «responsables» de ma venue à Mayne).

Julia et sa fille Charlotte (des charmantes berlinoises), près des chevaux et du poulailler, au crépuscule.